UN ANGE À MA TABLE DE JANE CAMPION ACTUELLEMENT AU CINÉMA

 

GRAND PRIX DU JURY MOSTRA DE VENISE 1990EN VERSION RESTAURÉE

Avec les soutiens du CNC, l’ADRC & l’AFCAE. 

A l’occasion de la sélection à la prochaine Mostra de Venise (septembre 2021) de son nouveau film , Le Pouvoir du Chien (Power Dog) et de la remise du prochain Prix Lumière 2021 à Lyon par Thierry Frémaux à Jane Campion, nous avons le plaisir de vous annoncer la sortie en salles de son film Un Ange à ma table en version restaurée en octobre prochain à l’issue du festival Lumière. Le film reste invisible en salles depuis 2003.

Sorti en 1990 le deuxième long métrage de la réalisatrice Jane Campion raconte la vie de l’écrivaine néo-zélandaise Janet Frame. Le film somptueux par son interprétation et sa mise en scène reçoit le Grand Prix du Jury à Venise en 1990, le Prix de la critique à Toronto (1990)…C’est d’emblée un succès critique et public. Ce film annonce la naissance d’une grande réalisatrice qui remportera 3 ans plus tard la Palme d’or à Cannes pour La Leçon de Piano.

L’évocation de la vie de Janet Frame à travers l’adaptation de ses trois autobiographies To the Is- land, An angel at my table et The Envoy from Mirror City. Cette femme, issue du milieu ouvrier, fut internée pendant sept ans et dut sa libération à la notoriété que lui apportèrent ses récits.

«C’est à un exercice d’admiration totale que se livre Jane Campion, pour l’artiste et aussi la femme. D’admiration et d’identification, et l’on pourrait aisément l’imaginer déclarer «Janet Frame, c’est moi.» Le film développe une écriture et une esthétique «féminines», autour du refoulement puis de l’épanouissement de la sensualité de Janet Frame, qui souffrira longtemps de se sentir différente et mal aimée, mais dont les émotions exacerbées nourriront l’œuvre. » Olivier Père, Arte

UN ANGE A MA TABLE
https://youtu.be/AcOZIevhrCc

Année 1990
Pays Nouvelle-Zélande/Australie/Royaume-Uni
Durée 2h36

visa: 76102
Version DCP VOSTF
Scénario Laura Jones, d’après les romans de J. Frame
Images Stuart Dryburgh
Montage Veronica Haussler
Production Hibiscus Films
Avec Kerry Fox, Alexia Keogh, Karen Fergusson, Iris Churn, Melina Bernecker, Kevin J. Wilson, Glynis Angell

 

Divisé en trois chapitres, qui portent les titres des trois parties de l’autobiographie de Janet Frame (To the Is-landAn Angel at My Table et The Envoy from Mirror City) le film de Jane Campion retrace les débuts difficiles de cette femme, issue d’une famille nombreuse dans un milieu ouvrier, qui se distingue très tôt par ses dons littéraires et son goût pour la poésie. Lorsqu’elle étudiait à l’université avec le rêve de devenir enseignante, elle fut arbitrairement internée en hôpital psychiatrique et diagnostiquée schizophrène. Enfermée pendant huit ans, elle subira deux cents électrochocs et échappera de justesse à une lobotomie. N’ayant jamais cessé d’écrire, c’est sa notoriété grandissante et la chance d’avoir été publiée qui lui permettront enfin de quitter l’asile et de commencer une nouvelle vie, en voyageant en Angleterre et en Espagne.

D’abord marquée par le deuil, la dépression et l’exclusion, Janet Frame va connaître un tardif éveil des sens et une période de bonheur et d’accomplissement artistique, après avoir traversé un véritable enfer aux portes de la folie. Enfant et adolescente boulotte embarrassée par un physique ingrat, coiffée d’une improbable tignasse rousse, les dents gâtées par une consommation abusive de sucreries, Janet Frame se réfugiera dans un monde fantasmatique pour se protéger des vexations et n’abandonnera jamais ses rêves de littérature.

Ce film impressionnant adopte une approche immersive de la vie de Janet Frame, ne quittant jamais son point de vue sur le monde, poétique, parfois cauchemardesque mais toujours d’une grande honnêteté. Victime désignée d’une société qui a décidé de la ranger parmi les malades mentaux, la jeune femme témoigne sous sa fragilité et sa timidité apparentes d’une persévérance, d’un courage exceptionnel qui lui permettront de surmonter de nombreuses épreuves. C’est aussi à un exercice d’admiration totale que se livre Jane Campion, pour l’artiste et aussi la femme. D’admiration et d’identification, et l’on pourrait aisément imaginer Jane Campion déclarer « Janet Frame, c’est moi. » Le film développe une écriture et une esthétique « féminines », autour du refoulement puis de l’épanouissement de la sensualité de Janet Frame, qui souffrira longtemps de se sentir différente et mal aimée, mais dont les émotions exacerbées nourriront l’œuvre.

Janet Frame est interprétée par trois actrices différentes de l’enfance à l’âge adulte (Karen Fergusson, Alexia Keogh, Kerry Fox), toutes trois formidables.