INVISIBLE – FARINELLI PROCHAINEMENT AU CINÉMA -Golden Globe du meilleur film étranger

INVISIBLE AU CINÉMA DEPUIS 1994

POUR LA PREMIERE FOIS EN COPIE NUÉRIQUE

FARINELLI

EN 2018 AU CINÉMA

Réalisation : Gérard Corbiau
Scénario : Marcel Beaulieu, Gérard Corbiau et Andrée Corbiau

Nommé à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère

Golden Globe du meilleur film étranger

César du meilleur son et du meilleur décor

Avec:

Stefano Dionisi : Carlo Broschi, alias Farinelli
Enrico Lo Verso : Riccardo Broschi
Elsa Zylberstein : Alexandra
Jeroen Krabbé : Georg Friedrich Haendel
Caroline Cellier : Margareth Hunter
Renaud du Peloux de Saint Romain : Benedict
Omero Antonutti : Nicola Porpora
Marianne Basler : Comtesse Mauer
Pier Paolo Capponi : Broschi

Genre : Drame, biographie romancée

Durée : 111 minutes -FRANCE -ITALIE -BELGIQUE -COULEUR-1994-VISA: 80634

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Synopsis:

Biographie romancée du castrat Farinelli. Le grand frère de Farinelli, Ricardo Broschi, décide de faire castrer son frère pour conserver cette voix cristalline sensationnelle, sans laquelle la musique de Ricardo, qui est compositeur, ne vaudrait rien. Le jeune homme parcourt les opéras avec son frère. Une jeune femme, Alexandra, vient un jour demander aux frères Broschi de donner une représentation dans un petit théâtre anglais en pleine faillite. Ils acceptent. C’est alors que s’engage la concurrence entre les Broschi qui veulent sauver le théâtre et Haendel, l’ancien maître des deux frères et célèbre compositeur. Le théâtre gagne considérablement en popularité, mais Haendel tente par tous les moyens de récupérer la voix exceptionnelle de Farinelli. Haendel fait une allusion à « l’accident » qui a coûté sa virilité à Farinelli. Carlo Broschi découvre alors la vérité et la relation privilégiée qu’il avait avec Ricardo s’efface. Farinelli et Alexandra sont amoureux. Ricardo, qui cherche à se faire pardonner, à rendre une vie « normale » à son petit frère, fait un enfant à Alexandra, puis part s’engager dans l’armée. Il disparaît de la vie de Farinelli, que l’on voit dans l’une des dernières scènes du film, embrasser le ventre arrondi par la grossesse d’Alexandra.

Biographie de Farinelli

Carlo Broschi, surnommé Farinelli, est un castrat né dans la ville d’Andria (province de Bari, alors intégrée au Royaume de Naples) le 24 janvier 1705 et mort à Bologne le 16 septembre 1782.

Le jeune Carlo est issu d’une famille noble. Salvatore Broschi, son père, passionné par la musique décide de faire de ses deux fils des artistes ; l’aîné, Riccardo, comme compositeur, et le cadet, Carlo, comme chanteur. On peut donc penser que c’est lui qui prit la décision de faire subir à son plus jeune fils la castration qui devait lui permettre de conserver sa voix de soprano, qui était déjà exceptionnelle, mais selon d’autres sources il semblerait que cette castration soit postérieure au décès de Salvatore Broschi.

Carlo suivit dès lors à Naples au Conservatoire dei Poveri di Gesù Cristo une formation dispensée par Nicola Porpora, le maître des grands castrats à Naples, qui développa chez son élève une prodigieuse voix de soprano. Précoce et virtuose, le jeune artiste débuta à l’âge de quinze ans, en 1720, lors d’une soirée donnée à Naples en l’honneur de l’empereur d’Autriche. Il y obtint le plus vif succès et y fit la connaissance de Pietro Metastasio, auteur débutant de sept ans son aîné, et qui allait devenir l’un des plus grands librettistes de l’opéra seria ainsi que le poète officiel de la cour de Vienne, avec qui il a entretenu une correspondance tout le long de sa vie. Farinelli a été invité à la cour d’Espagne par la reine et le roi pour sa voix « extraordinaire ».

Par la suite il se produisit à Rome, à Vienne, en 1724, à Venise, à Naples, à Milan, en 1726, à Bologne, où il rivalisa avec le grand castrat Antonio Bernacchi. Carlo Broschi était en effet surtout réputé pour l’étendue prodigieuse de sa voix (s’étendant du registre d’alto à celui de soprano) ainsi que pour sa technique virtuose, apprise de Porpora et servie par un souffle exceptionnel.

En 1734, Carlo Broschi se rendit à Londres et chanta au théâtre de Lincoln’s Inn Fields (Opera of the Nobility), que dirigeait Porpora. Sa vogue était immense. Ces années, qui marquent le faîte de sa gloire en tant qu’artiste de scène, furent également des années de rivalité acharnée entre les deux troupes d’opéra résidant à Londres.

La reine Isabelle convia Farinelli à se produire devant son mari, dans l’espoir que sa voix prodigieuse parviendrait à le tirer de sa mélancolie. L’épisode est resté célèbre, et a contribué à accroître un peu plus la légende entourant le chanteur. La voix de Farinelli fit un tel effet sur le roi Philippe V, que ce dernier ne voulut plus se séparer du chanteur. Il lui fit promettre de rester à la cour d’Espagne, moyennant un traitement de 2000 ducats, avec pour seule requête de ne plus chanter en public. Tous les soirs, il lui chante quatre airs, toujours les mêmes.

Devenu criado familiar des rois d’Espagne, le chanteur vit son importance croître à l’avènement de Ferdinand VI d’Espagne, qui le nomma chevalier de Calatrava, la plus haute dignité, jusque-là réservée aux gentilshommes ayant pu prouver la noblesse et l’ancienneté de leurs familles. Broschi-Farinelli, favori du monarque, exerçait alors sur la cour, et même sur la politique, une grande influence, sans jamais se départir de sa modestie ou abuser de sa position privilégiée. On lui doit les premiers travaux d’assainissement des rives du Tage, et il assura la direction de l’opéra de Madrid, ainsi que des spectacles royaux. Choyé par tous, comblé de cadeaux, flatté par les diplomates adversaires de la France, et par les diplomates français qui auraient souhaité voir l’Espagne signer le Pacte de Famille, il conserva cette haute situation jusqu’à l’avènement de Charles III en 1759.

Il se retira alors à Bologne, ville dont il avait choisi de devenir citoyen, et où il termina son existence dans la somptueuse villa qu’il avait fait construire en vue de sa retraite, recevant de nombreuses visites en raison de sa célébrité européenne et faisant admirer sa collection de 400 tableaux de grands maîtres constituée au long de sa carrière. Il s’éteignit le 16 septembre 1782, laissant une collection d’art et d’instruments de musique qui fut malheureusement dispersée par ses héritiers. Il reste de lui quelques beaux portraits peints par Amigoni et Giaquinto, des lettres qu’il avait envoyées à ses amis. Mais malgré sa légende, il demeure un personnage relativement mystérieux, dans la mesure où il se confia peu. À ses amis qui le priaient de rédiger ses Mémoires, il avait répondu : « À quoi bon ? Il me suffit qu’on sache que je n’ai porté préjudice à personne. Qu’on y ajoute aussi mon regret de n’avoir pu faire tout le bien que j’aurais souhaité. » Farinelli se signale également par sa grande culture attestée par le témoignage de visiteurs de marque pratiquant le Grand Tour.